Rouler à 80 : mirage ou réalité ?

Rouler à 80 : mirage ou réalité ?

Depuis le 1er juillet dernier, la limitation de vitesse sur les voies secondaires est désormais fixée à 80 km/h au lieu de 90.

Annoncée par le premier ministre français, Édouard Philippe, il y a quelque temps déjà, cette mesure a finalement été appliquée. Le Premier ministre a donc signé le décret rendant possible cette réduction de la vitesse maximale autorisée sur les voies nationales et départementales à double sens non séparées par un terre-plein central. Il a résisté aux véhémentes critiques reçues et, finalement, le texte a été publié le 17 juin dernier au Journal Officiel.

Une mesure atypique

Bien évidemment, ce sont essentiellement les zones rurales qui sont impactées par cette mesure considérée comme aberrante par de nombreux Français. En effet, les grandes agglomérations comme Paris, Lyon ou Lille n’ont que peu de voies de cet acabit.

Les avantages ne semblent être que des projections des idéaux du Premier ministre mais les inconvénients, quant à eux, sont bien réels : allongement du temps de conduite donc fatigue liée, stress en augmentation (au moins les premiers temps) car surveillance accrue de la vitesse et puis, également, les chauffards continueront de largement dépasser les vitesses, quitte à prendre plus de risques et mettre en danger une personne qui suivrait avec prudence la nouvelle limitation.

Les associations de prévention routière, quant à elles, jubilent et pensent que les chose vont véritablement changer. Le Premier ministre estime que près de 400 vies, par an, devraient ainsi pouvoir être sauvées. Mais on se doute bien que c’est illusoire et les premiers résultats qui tomberont, à la fin de l’été, devraient permettre de voir l’inaction de ce vent politique. En fait, même en faisant attention, sur une route limitée à 90, on arrive sans forcer, notamment en pente ou ligne droite, à 92 voire 95 km/h, sans pour autant l’avoir cherché ni être un délinquant routier. Alors 80 km/h…imaginez un peu. Peu de politiques conduisent personnellement. De facto, ils ne connaissent que peu la réalité routière. Le jackpot est donc assuré pour le gouvernement, qui va encore toucher un sacré pactole. Ce serait bien que ce dernier serve, à terme, dans quelque chose de concret pour le peuple français et qui, une fois n’est pas coutume, lui soit bénéfique.

Le vent de la grogne souffle

Pour l’heure, la grogne est plus que jamais présente, que ce soit chez les automobilistes ou certains politiques avisés. Parmi ces derniers, il y en a même de la majorité présidentielle qui décrient cette loi.

En effet, même si le gouvernement a permis aux policiers et gendarmes de faire preuve d’une certaine tolérance, il n’en n’est rien des radars, eux qui ont automatiquement été recalibrés dès le 1er juillet. Le passage des 90 à 80 a donc dû être maîtrisé en l’espace de quelques heures seulement et devenir la « nouvelle » habitude de millions de conducteurs. Une chose bien peu aisée quand on a conduit à cette vitesse depuis des années.

Le gouvernement, prudent, a accepté de faire un bilan de cette mesure d’ici 2 ans, au 1er juillet 2020 : en attendant il convient que tous les usagers de la route fassent attention en roulant, tout en jetant quand même un œil de temps à autre au tableau de bord s’ils ne veulent pas voir fleurir, dans leurs boîtes aux lettres, des avis de dépassement de la vitesse autorisée et donc des amendes…

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